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[Article] La course au volume, le cancer audiophile

Avez-vous déjà entendu parler de la course au volume ? Non ? Cela ne m’étonne pas. Depuis les années 80, les maisons de disque jouent avec nos oreilles pour mieux se remplir les poches. Hé oui mes amis. Je vais vous expliquer tout ça dans le détail.

Tout commença à la radio.

Les maisons de disque diffusent leurs artistes à la radio, dans des diffusions sponsorisées. Pour tirer le meilleur parti de l’argent investi, il fallait donc que l’auditeur retienne la chanson. Qu’elle sorte du lot, mais comment faire ? Des jingles pour l’annoncer ? Des concours spécifiques ? Si, vous savez, les « Si vous entendez X fois le titre de *Insérer un artiste ici* gagnez une place de concert ! ». Tout cela n’est pas innocent. Ça fonctionne, mais c’est beaucoup d’investissement pour peu de retour au final donc si on montait le volume ?

L’idée était lancée ! Augmenter la volume de ses titres pour les faire gueuler dans les enceintes de Mamie Renée. Mais on a pas le contrôle, sur le volume de la radio de Mamie Renée. Heureusement, les maisons de disques ont des ingénieurs son qui produisent le master.


Une vidéo explicative du problème en anglais. Les images parlent d’elles-même. Le son aussi.

Un ingénieur plus maître du mix de son Master ?

Le Master, c’est la version finale du morceau, en haute qualité destiné au pressage des CD, à la diffusion radio etc. Pour augmenter le volume général, tout en évitant la saturation, il faut commencer par baisser les instruments trop forts. Percus, solos de guitare et cuivres. On peut ensuite facilement amplifier le volume général du titre sans saturer le son. Ce qui fait nettement faire perdre en profondeur. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les audiophiles trouvent le son des vinyles plus riche et souvent plus « rond et chaud » ?

Evolution de Something, des Beatles de 1983 à 2000
Evolution de Something, des Beatles de 1983 à 2000

La compression au service de la rentabilité !

Quand on parle de compression en son, on ne parle pas de compression de la taille du fichier (FLAC, MP3, OGG…) mais bien de compression de forme d’onde. Il y a forcément des hauts et des bas. La compression aide à remonter les bas volumes d’une piste et baisser les hauts volumes au prix d’un son peu naturel, extrèmement « télé ». Grâce à l’informatique musicale, on se retrouve avec des formes d’onde monstrueuses. Prêtes à déborder de l’écran et vomir dans vos oreilles.

Exemple de compression à l’appui :

 

Ne participez pas à cette guerre qui n’est pas la vôtre. Compressez de manière modérée le son dans vos vidéos. Où il n’y a pas de place pour le silence, il n’y a pas de place pour la profondeur.